Toutes les notes

7 septembre 2025

L’intersection

Réflexions4 min de lecture
Gros plan de deux bulles

Raison d’être : la raison pour laquelle quelque chose existe. La raison pour laquelle nous faisons tant de choses. La main invisible qui nous pousse vers des décisions que nous ne savons pas toujours formuler, même en essayant.

Beaucoup passent la moitié de leur vie à chercher leur raison d’être. Certains ne la trouvent jamais, pas même à leur dernier souffle. C’est un sujet intéressant parce qu’il soulève des questions. Pourquoi est-il si important de trouver sa raison d’être ? Pourquoi cela devrait-il être une source d’inquiétude ? Pourquoi même y prêter attention ?

J’aime à penser qu’en tant qu’êtres humains, nous portons une certaine responsabilité. Envers nos proches, mais pas seulement. Je sais que c’est mon cas. Nous devrions viser à rendre la vie meilleure pour la personne suivante, à avoir un impact positif d’une manière ou d’une autre.

Le cadre de l’Ikigai

Tout le monde n’a pas le sentiment d’avoir trouvé la raison d’être de sa vie, même à la fin. Certains la définissent par leur travail — en le trouvant satisfaisant. D’autres trouvent un sens dans ce qu’ils font pour leurs amis et leur famille. Ce n’est jamais du one-size-fits-all. C’est toujours un cas de « ça dépend ».

Un concept qui a façonné ma façon de penser la raison d’être, c’est Ikigai, une idée japonaise. Il désigne le fait d’avoir un sens — quelque chose qui apporte joie et signification à votre vie. L’approche consiste à identifier quatre choses et à chercher où elles se chevauchent, avec la conviction que votre raison d’être se trouve dans ces intersections.

Les quatre cercles

  • Le premier est l’ensemble des choses que vous aimez — des activités que vous pourriez faire des heures sans réaliser que le temps a passé, des choses qui vous energisent et vous font attendre avec impatience la prochaine fois.
  • Le deuxième est l’ensemble des choses dans lesquelles vous êtes bon — vos compétences et talents, les domaines où l’on dirait que vous êtes né pour ça. Pour certains, c’est artistique, comme la musique et le dessin.
  • Le troisième est l’ensemble des choses dont le monde a besoin — des domaines où votre travail ou votre effort peut apporter de la valeur à la société. Essentiellement, aider à rendre le monde meilleur.
  • Le quatrième est l’ensemble des choses pour lesquelles on peut vous payer — les compétences et services qui ont une valeur marchande. C’est un monde capitaliste, et l’argent compte.
Une personne assise à une table avec un livre café et un diagramme décrivant l’Ikigai
A person sitting at a table with a coffee book with a diagram describing Ikigai

Là où les cercles se rencontrent

Tout ce dans quoi vous êtes bon ne doit pas forcément être monétisé, et c’est très bien. Mais Ikigai reconnaît la réalité que, dans un monde capitaliste, pouvoir gagner de ce que l’on fait peut rendre cette raison d’être durable.

Quand ces quatre ensembles sont cartographiés dans un diagramme de Venn, on voit différentes intersections. Le chevauchement entre ce que vous aimez et ce dans quoi vous êtes bon, c’est votre passion. Le chevauchement entre ce dans quoi vous êtes bon et ce pour quoi on peut vous payer, c’est votre profession. Le chevauchement entre ce dont le monde a besoin et ce pour quoi on peut vous payer, c’est votre vocation. Et le chevauchement entre ce que vous aimez et ce dont le monde a besoin, c’est votre mission.

Dans un monde idéal, vous trouveriez un chevauchement entre les quatre — ce que vous aimez, ce dans quoi vous êtes bon, ce dont le monde a besoin, et ce pour quoi on peut vous payer. C’est votre Ikigai. Tenez-le bien.

Des raisons d’être alignées

Quand vous vous retrouvez à faire un travail qui a du sens, dans lequel vous êtes bon, que le monde valorise, et dont vous pouvez vivre — et que ça ne ressemble presque pas à du travail, presque à du jeu — vous y êtes. Vous l’avez trouvé.

Votre raison d’être peut prendre de nombreuses formes. En poursuivant la vôtre, vous pourriez permettre à quelqu’un d’autre d’atteindre la sienne. C’est souvent ainsi que se forment les équipes. Les raisons d’être s’alignent sous un même parapluie : une mission partagée. Cette mission devient la colle qui unit les gens.

Chaque individu peut exister indépendamment, mais quand les raisons d’être s’alignent, elles se combinent pour former quelque chose de plus grand que la somme de leurs parties. Pensez à une réaction de fusion nucléaire, où deux noyaux atomiques ou plus se combinent pour former un noyau plus lourd. Dans ce contexte, cela signifie que deux individus ou plus, chacun avec une raison d’être claire, se réunissent pour créer quelque chose de plus grand. 1 + 1 n’égale pas 2 — ça égale 3, ou plus.

Quand des personnes aux raisons d’être alignées travaillent vers une mission partagée, les résultats s’amplifient. C’est ainsi que naissent les grandes équipes. Mais il faut une force motrice — assez de motivation et d’énergie pour les rassembler. De la même façon qu’une réaction chimique a besoin d’assez d’énergie cinétique pour franchir des barrières, la collaboration a besoin d’assez d’élan partagé pour créer des liens durables.